Myopie chez l'enfant : comment freiner la progression

20 % des adolescents français sont myopes, et ce chiffre augmente. Découvrez comment ralentir la progression de la myopie chez l'enfant : orthokératologie, verres de freination et bonnes habitudes visuelles.

Nathan Renard6 min de lecture

En résumé

La myopie infantile touche un enfant sur cinq en France. Ce guide explique les mécanismes de la myopie, les solutions validées (orthokératologie, verres Stellest et MiyoSmart, lentilles multifocales) et les conseils pour freiner sa progression. Âge idéal pour consulter et prix des traitements.

Votre enfant plisse les yeux pour voir le tableau à l'école, se plaint de maux de tête en fin de journée ou s'assoit très près de la télévision. Ces signes ne trompent pas : la myopie s'installe. En France, près de 20 % des adolescents sont aujourd'hui myopes, contre seulement 10 % il y a vingt ans.

Bonne nouvelle : il existe désormais des solutions validées pour freiner la progression de la myopie chez l'enfant. Verres de freination, orthokératologie, habitudes quotidiennes... Pour trouver un opticien près de chez vous, consultez notre annuaire d'opticiens.

Qu'est-ce que la myopie chez l'enfant ? Définition et mécanisme

Examen de la vue d'un enfant par un ophtalmologiste avec un phoroptère
Photo par Navy Medicine sur Unsplash

La myopie n'est pas une maladie, mais un défaut visuel. Concrètement, l'œil est trop long (ou la cornée trop bombée). Les images se forment en avant de la rétine au lieu de se former exactement dessus. Résultat : l'enfant voit flou de loin, mais net de près.

Chez l'enfant, la myopie débute généralement entre 6 et 12 ans et peut s'aggraver rapidement pendant la croissance. Sans intervention, elle progresse en moyenne de 0,50 à 1 dioptrie par an. Plus la myopie apparaît tôt, plus elle risque d'être forte à l'âge adulte.

Contrairement à une idée reçue, la myopie n'est pas seulement génétique. Si un enfant myope a souvent un parent myope, le mode de vie joue un rôle déterminant : manque de lumière naturelle, excès d'écrans et activités prolongées en vision de près.

Pourquoi la myopie progresse-t-elle chez les enfants ?

Enfant jouant en extérieur, activité recommandée pour prévenir la progression de la myopie
Photo par Diana Simumpande sur Unsplash

La progression de la myopie chez l'enfant résulte d'une combinaison de facteurs biologiques et environnementaux. Voici les principaux responsables :

Le temps passé en extérieur. La lumière naturelle stimule la production de dopamine dans la rétine, une substance qui freine l'allongement excessif de l'œil. Les études montrent que les enfants qui passent moins de 90 minutes par jour dehors ont un risque accru de myopie.

L'exposition aux écrans. Smartphone, tablette, ordinateur : la vision prolongée de près sollicite intensément les muscles oculaires. À cela s'ajoute la lumière bleue des écrans, qui peut fatiguer les yeux et favoriser la progression myopique.

L'effort en vision de près. La lecture, les devoirs, les jeux de construction : toutes les activités qui demandent une accommodation soutenue participent à la stimulation de la croissance axiale de l'œil.

Le saviez-vous ?

Passer au moins 2 heures par jour à l'extérieur réduit de 50 % le risque de développer une myopie chez l'enfant, selon une méta-analyse publiée dans Ophthalmology.

Freiner la progression de la myopie : les solutions validées

Jeune fille souriante portant des lunettes, illustrant les solutions optiques pour la myopie infantile
Photo par Vindhya Harsha K M sur Unsplash

Il n'existe pas de traitement miracle pour faire disparaître la myopie. En revanche, plusieurs approches validées cliniquement permettent de ralentir sa progression de 50 à 67 %. Voici les principales solutions :

L'orthokératologie (ortho-K)

L'orthokératologie consiste à porter des lentilles rigides perméables à l'oxygène pendant la nuit. Elles aplatissent temporairement la cornée, ce qui permet à l'enfant de voir clair le lendemain sans lunettes ni lentilles de jour. L'effet est réversible en 24 à 48 heures.

Les études cliniques montrent que l'ortho-K ralentit la progression de la myopie de 45 à 60 % chez l'enfant. Elle est indiquée à partir de 6-7 ans, sous contrôle rigoureux d'un ophtalmologiste.

Les verres de freination (Stellest, MiyoSmart)

Ces verres de lunettes nouvelle génération intègrent des micro-foyers qui créent une zone de « défocalisation myopique » sur la périphérie de la rétine. Ce signal optique freine la croissance de l'œil tout en permettant une vision centrale nette.

Le verre Stellest d'Essilor et le verre MiyoSmart de Hoya sont les deux marques les plus étudiées. Les résultats cliniques indiquent un ralentissement de la progression de 60 à 67 % chez les enfants qui les portent au moins 12 heures par jour.

Les lentilles multifocales souples

Moins contraignantes que l'ortho-K, les lentilles multifocales souples créent également une défocalisation myopique. Elles sont indiquées pour les enfants plus âgés (à partir de 10-12 ans) capables de manipuler leurs lentilles en autonomie.

Les bonnes habitudes au quotidien

En complément des traitements optiques, ces gestes simples aident à limiter la progression :

  • Instaurer la règle du 20-20-20 : toutes les 20 minutes d'écran, regarder à 20 pieds (6 mètres) pendant 20 secondes.
  • Passer au minimum 1 à 2 heures par jour en extérieur, même par temps couvert.
  • Maintenir une distance d'au moins 40 cm entre les yeux et le livre ou la tablette.
  • Limiter le temps d'écran récréatif à 1 heure par jour avant 6 ans, 2 heures après.

Combien coûte le contrôle de la myopie chez l'enfant ?

Le prix varie selon la méthode choisie :

  • Orthokératologie : 700 à 1 500 € pour le premier équipement (lentilles + frais de suivi). Les lentilles sont à renouveler tous les 1 à 2 ans.
  • Verres de freination Stellest ou MiyoSmart : 300 à 600 € la paire (hors monture).
  • Lentilles multifocales souples : 400 à 800 € par an.

Bon à savoir : la Sécurité sociale prend en charge une partie des lunettes pour enfant (jusqu'à 18 ans) dans le cadre du 100 % Santé. Les verres de freination ne font pas encore partie du panier 100 % Santé, mais peuvent être partiellement remboursés par les mutuelles. L'orthokératologie est remboursée si elle est prescrite par un ophtalmologiste dans le cadre d'une pathologie.

À partir de quel âge traiter la myopie de l'enfant ?

Enfant chez l'opticien pour un examen de la vue et le choix de lunettes adaptées
Photo par Ayo Ogunseinde sur Unsplash

Plus la myopie apparaît tôt, plus elle risque d'être élevée à l'âge adulte. C'est pourquoi il est crucial d'intervenir dès les premiers signes. Voici les repères par âge :

Avant 6 ans : un examen ophtalmologique est recommandé tous les ans, même sans symptôme. Si une myopie est détectée, le port de lunettes classiques est la première étape.

Entre 6 et 10 ans : c'est la tranche d'âge idéale pour débuter un traitement de freination. L'orthokératologie et les verres Stellest/MiyoSmart sont particulièrement efficaces à ce stade.

Après 10 ans : les traitements restent efficaces, mais la progression naturelle ralentit avec la fin de la croissance. Le choix de la méthode dépend du degré de myopie et de la maturité de l'enfant.

Quand consulter un ophtalmologiste ou un opticien ?

Si vous remarquez un ou plusieurs de ces signes chez votre enfant, prenez rendez-vous sans tarder :

  • Il plisse les yeux pour voir au loin (tableau, panneau de signalisation).
  • Il se plaint de maux de tête fréquents en fin de journée.
  • Il s'approche très près de la télévision ou tient son livre à quelques centimètres du visage.
  • Il frotte ses yeux régulièrement ou cligne excessivement.

Un opticien indépendant peut vous conseiller sur les solutions de freination adaptées à votre enfant et vous orienter vers un ophtalmologiste si nécessaire. Pour trouver un opticien de confiance près de chez vous, consultez notre annuaire d'opticiens.

Trouvez un opticien pour votre enfant

Consultez notre annuaire d'opticiens indépendants pour trouver un professionnel près de chez vous, spécialisé dans le contrôle de la myopie chez l'enfant.

Trouver un opticien

Questions fréquentes

À partir de quel âge un enfant peut-il porter des lentilles anti-myopie ?

L'orthokératologie est possible dès 6-7 ans sous contrôle médical. Les verres de freination comme Stellest ou MiyoSmart conviennent dès que l'enfant porte des lunettes, parfois dès 3-4 ans. Le choix dépend de la maturité de l'enfant et de l'avis de l'ophtalmologiste.

Est-ce que la myopie infantile peut disparaître ?

La myopie ne disparaît pas naturellement. En revanche, les traitements de freination permettent de ralentir significativement sa progression, parfois de 50 à 67 %. Sans intervention, la myopie s'aggrave en moyenne de 0,5 à 1 dioptrie par an chez l'enfant.

Quelle est la différence entre orthokératologie et verres de freination ?

L'orthokératologie utilise des lentilles rigides portées la nuit qui remodelent temporairement la cornée. Les verres de freination (Stellest, MiyoSmart) sont des lunettes classiques dont les verres intègrent des micro-foyers qui ralentissent la croissance de l'œil. Les deux méthodes sont validées cliniquement.

Les écrans aggravent-ils la myopie chez l'enfant ?

Oui, une exposition excessive aux écrans et un manque de temps à l'extérieur sont des facteurs de risque avérés. Le temps passé devant les écrans et le manque de lumière naturelle favorisent l'apparition et la progression de la myopie chez l'enfant.

Combien coûte un traitement anti-myopie pour enfant ?

Comptez 700 à 1 500 € pour l'orthokératologie (lentilles + suivi). Les verres de freination comme Stellest ou MiyoSmart coûtent entre 300 et 600 € la paire. Ces traitements sont partiellement remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles.

À quelle fréquence un enfant myope doit-il consulter ?

Un enfant myope doit consulter un ophtalmologiste ou un orthoptiste au moins une fois par an. En cas de traitement de freination, le suivi est plus rapproché : tous les 6 mois pour l'orthokératologie, tous les ans pour les verres de freination.

À propos de l'auteur

Nathan Renard

Nathan Renard

Co-fondateur de Rendivik

Nathan Renard est co-fondateur de Rendivik. Il a créé le site après avoir constaté qu'il n'existait pas d'annuaire indépendant et lisible des opticiens en France, où l'information est souvent dispersée entre Google Maps, sites d'avis et annuaires payants. Son objectif avec Rendivik : redonner de la visibilité aux opticiens locaux indépendants, et offrir aux particuliers un outil clair pour trouver le bon professionnel près de chez eux, sans publicité ni paiement de référencement.

À lire aussi

D'autres articles pour aller plus loin sur le même sujet.

Trouvez un opticien près de vous

Notre sélection des mieux notés à Marseille.

Voir tout